Alors que son équipe ne comptait que deux points après deux journées de phase de groupes et se retrouvait menée 2-0 à cinq minutes de la fin de son seizième de finale face au Sénégal (3-2 a.p.), voilà la Belgique de Rudi Garcia qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe du monde. Les Diables Rouges ont offert leur meilleure performance du tournoi lors du tour précédent face aux États-Unis (4-1). Selon le sélectionneur, ce petit miracle a été réalisé en secouant les équilibres du groupe, une décision plus ou moins contrainte par l'état de forme de ses leaders comme Romelu Lukaku, Jérémy Doku et Kevin De Bruyne, mais sans jamais se renier.
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Subscribe Sekarang →Face à des Américains qui avaient placé le curseur de l'intensité assez haut depuis le début de leur Mondial, le technicien français a expliqué après la qualification qu'il ne voulait "pas subir ni se faire presser". D'après ses déclarations, il a insisté sur une recette qui réussit régulièrement aux Diables Rouges cet été : un jeu rapide autant que possible, quitte à sacrifier certains cadres de son onze de départ. "Je voulais de la vitesse devant, je voulais Charles (De Ketelaere), je voulais Dodi (Lukebakio), je savais qu'on pouvait leur faire mal en jouant dans leur dos, et je pense que le plan a bien fonctionné", a- transfection le coach français.
Dans les chiffres, cette approche s'est traduite par 14,5 % de passes longues, un ratio bien plus élevé que celui des États-Unis (6,8 %), comme cela avait d'ailleurs été le cas au tour précédent avec 13 % contre 7 % pour les Sénégalais. Compte tenu de l'identité de l'adversaire des Belges en quarts, une Espagne en total contrôle qui n'a toujours pas encaissé le moindre but, les ingrédients ne devraient pas varier ce vendredi à Los Angeles. "Je ne suis pas un coach qui m'adapte à l'adversaire et qui tout d'un coup va jouer très défensif parce qu'il y a une bonne équipe en face", a d'emblée prévenu Rudi Garcia. L'observation de la rédaction confirme que le technicien tricolore préfère imposer sa philosophie plutôt que de subir la possession ibérique.
Il aurait sans doute tort de changer de formule. En effet, si l'on met de côté la promenade de santé face à la Nouvelle-Zélande (5-1), six des huit buts belges sont venus jusqu'ici de centres et de renversements efficaces. Un autre but est né d'un long ballon vers Charles De Ketelaere, suivi d'un bon pressing du Bergamasque pour pousser le gardien américain à une erreur grossière. Positionné en faux avant-centre, le milieu offensif de 25 ans a produit des performances inégales, mais son envergure (1,92 m) et sa générosité dans les courses permettent régulièrement aux Diables de gagner de précieux mètres. Ils sont aussi bien aidés par la capacité de Thibaut Courtois à allonger le jeu de manière précise.
Jérémy Doku ayant été freiné par un souci de santé en début de compétition, Kevin De Bruyne étant de moins en moins capable d'orienter rapidement le jeu vers l'avant et Romelu Lukaku ne pouvant pas enchaîner les minutes, la Belgique devrait à nouveau s'appuyer sur la verticalité de Dodi Lukebakio et la clairvoyance de Leandro Trossard autour de Charles De Ketelaere. Ce trio aura la lourde tâche de tenter de percer le verrou de l'Espagne, une équipe qui subit en moyenne moins de 6 tirs par match pour 0,3 xG depuis l'entame de cette Coupe du monde.
Avec Rudi Garcia, les deux ailiers sont chargés d'occuper la largeur quasiment en toutes circonstances pendant qu'un latéral ou un milieu peut plonger dans le demi-espace, histoire d'étirer la défense et de s'appuyer sur les centres pour amener le danger dans la surface. La rédaction constate la pertinence de cette stratégie puisque seule l'Écosse réussit en moyenne plus de centres que la Belgique dans cette compétition. C'est ainsi que Charles De Ketelaere a signé un doublé, que Youri Tielemans avait arraché la prolongation contre le Sénégal, et que Romelu Lukaku s'est montré décisif lors des précédentes rencontres.
Car avec son buteur vétéran, directement impliqué sur 5 buts dans le tournoi, et d'autres profils dynamiques sur son banc comme Jérémy Doku, Moreira ou Fernandez-Pardo, Rudi Garcia dispose de sérieux atouts pour maintenir son plan sur la durée. Compte tenu des doutes entourant la capacité de sa défense à résister face à la Roja, la clé pour la Belgique sera donc de ne pas trop subir, afin de disposer de suffisamment de munitions pour espérer poursuivre sa route dans ce Mondial.