La tension ne retombe pas après le huitième de finale de la Coupe du monde 2026 ayant opposé l'Argentine à l'Égypte. Battue sur le score de 3-2, la Fédération égyptienne de football a officiellement déposé une plainte auprès de la FIFA pour contester l'arbitrage de l'officiel français François Letexier. Les dirigeants égyptiens dénoncent notamment une différence de traitement flagrante, matérialisée par quatre cartons jaunes reçus d'un côté et aucun de l'autre.
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Subscribe Sekarang →Selon l'ancien arbitre français Philippe Malige, cette colère doit être tempérée. "Sur cet aspect-là, je n'ai rien vu de suspect durant le match", explique l'ancien officiel retraité depuis 2012. Il ajoute : "Je ne me souviens pas de situations de fautes argentines où le jaune s'imposait. Je ne veux pas faire du corporatisme pro-Letexier, mais je trouve qu'il a été plutôt bon dans la gestion du match."
D'après les constats de la rédaction, l'Argentine a pourtant flirté avec la correctionnelle à deux reprises. Romero s'est fendu d'un tacle particulièrement agressif sur Mohamed Salah juste avant la pause, tandis que Nahuel Molina a asséné une main volontaire au visage d'Emam Ashour dès la 6e minute. Dans le camp adverse, le milieu égyptien Hamdy Fathy aurait lui aussi pu être sanctionné pour une intervention sur Lionel Messi à la 56e minute.
Pour Bruno Derrien, ancien arbitre international, la frustration des Pharaons reste compréhensible mais logique sur la fin de match. "Cela peut choquer certaines personnes que les Argentins sortent de ce match sans le moindre carton jaune et je peux le comprendre", estime-t-il, avant de préciser que "les Égyptiens méritent les avertissements du temps additionnel."
L'ancien sifflet de Ligue 1 Saïd Ennjimi élargit le débat en insistant sur le poids du résultat final. "La polémique sur l'arbitrage de M. Letexier doit beaucoup au scénario défavorable du match pour l'Égypte", analyse-t-il. Selon lui, les contestations interviennent a posteriori en raison de la douleur de l'élimination, alors que sur le moment, les décisions terrain n'avaient pas suscité autant de véhémence.
Concernant le penalty accordé à l'Albiceleste en première période et manqué par Lionel Messi, le trio arbitral s'accorde sur la légitimité de la sanction. "Le contact est réel, je pense que j'aurais sifflé aussi", appuie Philippe Malige. En revanche, le but refusé à l'Égyptien Mostafa Ziko à la 58e minute pour une faute préalable de Marwan Attia sur Lisandro Martinez a nécessité l'intervention de la vidéo.
D'après Bruno Derrien, la rigueur augmente à ce stade de la compétition : "Au premier tour, ce but aurait peut-être été validé car ça laissait plus jouer je trouve. En phase finale, ça siffle plus. La faute n'est pas grossière mais elle existe." Un avis partagé par Malige et Ennjimi, qui estiment que le VAR a parfaitement rempli son rôle en incitant François Letexier à revoir les images.
La principale zone d'ombre réside dans les arrêts de jeu, lors de l'action menant au but de la victoire inscrit par Enzo Fernandez. Juste avant le contre argentin, Mohamed Salah s'est écroulé dans la surface adverse après un contact avec Julian Alvarez. L'arbitre central a laissé jouer, provoquant l'incompréhension générale dans les rangs africains.
Selon Bruno Derrien, siffler une faute dans un tel contexte exige une certitude absolue. "Pour siffler penalty sur Salah dans les arrêts de jeu, et faire passer le match d'un 3-2 pour l'Argentine à un probable 3-2 pour l'Égypte, il faut un peu plus qu'un simple contact, il faut une faute claire et nette", tempère-t-il. De son côté, Philippe Malige avoue la complexité de la tâche : "La faute sur Salah est-elle suffisamment caractérisée pour changer le destin d'un match ? Elle est légère selon moi."
Néanmoins, Saïd Ennjimi regrette l'absence d'utilisation de l'assistance vidéo sur cette action cruciale. "Le minimum syndical aurait été que le VAR appelle Letexier pour la faute sur Salah. Tu ne peux pas te priver de cet outil", déplore-t-il, affirmant comprendre la profonde frustration des Égyptiens face à un tel dénouement.
L'observation de la rédaction montre que malgré ces divergences techniques, les trois anciens arbitres s'accordent pour dire que François Letexier a globalement été à la hauteur de l'événement. En revanche, ils partagent tous la même conclusion : désigner un arbitre de nationalité française pour un match à si haute tension entre l'Argentine et l'Égypte constituait une "très mauvaise idée" de la part des instances de la FIFA.