Le football est parfois un théâtre de paradoxes insaisissables. Ce mardi, sur la pelouse d'Atlanta, la prestation collective de l'Argentine face à l'Égypte (3-2) a sans doute affiché une cohérence supérieure à celle entrevue contre le Cap-Vert (3-2 a.p.) au tour précédent. Pourtant, le match de Lionel Messi a longtemps été laborieux. Bien que le capitaine argentin ait initié l'action du penalty en première période, sa tentative a été magistralement repoussée par l'héroïque gardien Mostafa Shobeir.
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Subscribe Sekarang →Selon les observations de la rédaction, le plan initial de Lionel Scaloni a bousculé les repères habituels de l'Albiceleste. Avec la titularisation de Leandro Paredes pour la deuxième fois du tournoi et le repositionnement d'Alexis Mac Allister un cran plus haut, le numéro 10 argentin a cruellement manqué de réussite. L'organisation égyptienne, pensée à la perfection, a totalement verrouillé l'axe du terrain, coupant toutes les lignes de passe et les combinaisons axiales de l'Argentine.
C'est alors que le tableau d'affichage a indiqué 2-0 en faveur des Pharaons que le génie s'est activé. Détecteur hors pair des zones exploitables dans les matchs fermés à double tour, Messi s'est progressivement désaxé. Face à un bloc égyptien de plus en plus dense, qui a fini par installer jusqu'à sept joueurs sur sa ligne défensive, le capitaine a choisi de s'isoler sur l'aile droite pour trouver la faille.
D'après les données statistiques de la rencontre, les chiffres confirment ce basculement tactique majeur. Après le second but égyptien, seul Leandro Paredes a touché autant de ballons que Lionel Messi (32). L'Argentine, qui concentrait ses attaques dans l'axe depuis le début du tournoi, a laissé les clés du camion à son capitaine. Les circuits de passe ont immédiatement penché à droite, représentant 42 % des ballons touchés par les Argentins, contre 30 % dans l'axe et 28 % à gauche.
La suite a offert aux spectateurs une version vintage de Lionel Messi. À la 79e minute, décalé à droite par Julian Alvarez à l'angle de la surface de réparation, il a déposé un centre millimétré sur la tête de Cristian Romero pour la réduction du score (2-1). À la 82e minute, servi le long de la ligne par Gonzalo Montiel, il a mystifié Trezeguet sur sa première touche avant de réaliser un grand pont sublime sur Hafez dans la surface, trouvant ensuite Lautaro Martinez de l'extérieur du gauche.
L'apothéose est survenue à la 83e minute. Toujours depuis sa zone de prédilection à droite, Messi a armé son pied gauche pour centrer en deux temps vers Lautaro Martinez. Sur la remise de Julian Alvarez, le capitaine a surgi pour égaliser brutalement d'une lourde frappe, avant de finir la rencontre en larmes. Plutôt unidimensionnelle jusqu'alors, l'Argentine a prouvé qu'elle pouvait se réinventer une fois dos au mur, avec un numéro 10 toujours à la baguette.