De l'histoire légendaire entre Lionel Messi et le FC Barcelone, le grand public ne retient généralement que les images de liesse, les ballons d'or et les innombrables trophées glanés en deux décennies. Pourtant, les débuts de cette union sacrée ont été particulièrement complexes et douloureux. Horacio Gaggioli, agent de joueurs argentin installé en Europe depuis quarante ans, était aux premières loges de ce feuilleton. C'est lui qui a œuvré dans l'ombre pour amener le jeune prodige de Rosario en Catalogne, loin du conte de fées linéaire souvent raconté dans les livres d'histoire.
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Subscribe Sekarang →Selon Horacio Gaggioli, les premiers échos sur le talent de l'attaquant remontent à ses onze ans, lorsque ses associés en Argentine, Martin Montero et Fabian Soldini, s'émerveillent devant ce gamin évoluant à Newell's Old Boys. Bien que le père du joueur, Jorge Messi, ambitionne rapidement un essai en Espagne, les règlements stricts de la FIFA concernant le transfert de mineurs sans leur famille freinent les ardeurs initiales. Après l'envoi d'une vidéo mémorable où le jeune Leo jongle avec une orange, une balle de tennis puis de ping-pong, Charly Rexach, alors dirigeant au Barça, donne son feu vert pour un essai à ses treize ans.
D'après les souvenirs de l'agent, la première impression physique est pourtant loin d'être impressionnante : "Sincèrement, quand je le vois, je me dis : ce gamin ne peut pas jouer au foot. Ses jambes étaient fines comme mes doigts, c'était une petite chose." Intégré à l'entraînement avec la génération dorée des "Infantil" comprenant déjà Gerard Piqué et Cesc Fabregas, Messi dissipe immédiatement les doutes sur le terrain. Lors de sa première séance, il inscrit cinq buts et étale une classe individuelle que personne ne peut arrêter.
Malgré ce talent évident, la direction barcelonaise hésite longuement. D'après les observations de la rédaction, l'instabilité institutionnelle et les coûts liés au traitement de croissance de l'adolescent freinent les décideurs de l'époque. Face à l'immobilisme du club et l'impatience de la famille Messi, un ultimatum est posé le 14 décembre 2000 lors d'un déjeuner dans un club de tennis. C'est à ce moment précis que Charly Rexach, pour formaliser l'engagement du club, rédige et signe le fameux accord sur une serviette de table.
Les embûches ne s'arrêtent pas là. Entre les blocages juridiques de Newell's Old Boys et l'arrivée d'une nouvelle direction à l'été 2001 qui remet en cause le contrat, le clan Messi menace de proposer le joueur au Real Madrid. Une fois définitivement lancé à la Masia, le phénomène attire les plus grands d'Europe, de la Juventus à Arsenal, mais la volonté du joueur reste inchangée : il veut s'imposer en Catalogne.
Le constat de la rédaction montre que le génie argentin a su bousculer tous les codes du football espagnol par sa rage de vaincre, jouant même blessé ou enchaînant les matchs à peine descendu de l'avion. En 2005, alors qu'un prêt à l'Espanyol Barcelone est acté entre les deux clubs, une prestation magistrale lors du Trophée Gamper contre la Juventus convainc définitivement Frank Rijkaard de le conserver. "Leo a changé l'histoire moderne du Barça, mais lui aussi est devenu grand grâce au Barça", conclut Horacio Gaggioli avec une profonde nostalgie.